Bêta-lecture professionnelle : dénomination, concurrence, fonctionnement...

La bêta-lecture existe depuis des années, de manière bénévole, mais aussi professionnelle dans les maisons d’édition. Avec la popularisation et la professionnalisation de l’auto-édition, la bêta-lecture a pris un nouveau visage : les professionnels ne travaillent plus forcément pour une maison d’édition et les bénévoles se lancent en free-lance. Revenons un peu sur tout ça et laissez-moi vous raconter mon expérience.




Pourquoi je n’appelle plus ça "bêta-lecture" ?


Je fais de la bêta-lecture depuis des années. D’abord de manière bénévole et depuis septembre dernier, de manière professionnelle. Au départ, mes services s’intitulaient « bêta-lecture classique, complète... », mais depuis quelques mois déjà, j’ai fait le choix de changer de terminologie.

Il y a deux termes que vous ne trouverez pas sur mon site (à moins que j’aie oublié de les remplacer) : « bêta-lecture » et « correction ».

- « Correction » : j’ai toujours fait attention à ne pas intégrer ce mot, tout simplement pour ne pas induire les auteurs en erreur. Je ne fais pas de correction, ce n’est pas la même chose. Je ne souhaite pas tromper les gens.

- « Bêta-lecture » : c’est un peu plus compliqué. Au départ, je l’ai utilisé, car les auteurs savent en général à quoi il fait référence. Je ne vais pas le cacher, mon but est quand même d’attirer des clients et je pensais qu’en utilisant ce terme, ça serait plus simple. Mais il me posait un souci. Pour moi, ce mot renferme une notion de gratuité, car la bêta-lecture et souvent bénévole. Il me donne aussi l’impression d’un manque de professionnalisme. Alors, je sais qu’il y a des bêta-lecture bénévoles qui font un travail génial, je ne le nie pas du tout, bien au contraire. Toutefois, certains de mes clients m’ont dit être venus vers moi pour avoir un avis neutre, ce qu’ils n’avaient pas trouvé avec leurs proches. Ils voulaient également quelque chose de fouillé et de complet. Je leur proposais tout ça. J’ai donc choisi de terminologie. J’ai commencé avec « conseil littéraire », mais ce n’est pas exactement ce que je propose. Finalement, j’ai opté pour « expertise ». Je pense qu’il représente bien ce que je fais, qu’en pensez-vous ?



La concurrence


Ah ! Ce grand sujet ! La concurrence est de plus en plus nombreuse. Il y a ceux qui font ça, comme moi, à plein temps et ceux qui en font simplement un complément de revenus. Mais des bêta-lecteurs professionnels, il y a en tous les jours des nouveaux. C’est donc ultra-concurrentiel.

Au niveau des prix... J’avoue que je ne regarde plus les prix de la concurrence. J’avais fait une enquête avant de me lancer et je m’étais positionnée dans la moyenne basse. Ce choix venait du fait que je me lançais et n’étais pas connue, il y a avait donc une raison d’attraction. Ces tarifs-là me permettaient également de réaliser une marge correcte et donc, de ne pas être sous-payée par rapport au temps et à la qualité de mon travail. – Je me rends compte en l’écrivant que cette phrase peut paraître très présomptueuse, mais ce n’est pas le cas. Mon but est quand même de gagner ma vie et je ne vais pas brader mon travail, je sais ce qu’il vaut. – Bref, je m’étais positionnée dans la moyenne basse du marché.

Il y a quelques mois, je suis allée faire un tour pour voir l’évolution des prix... Je suis tombée de haut. Je suis tombée sur des tarifs très bas et j’ai eu très peur. Je pensais à baisser mes prix, à m’aligner, mais cela revenait à ne presque rien gagner au final. Impossible de vivre de cette activité avec des revenus si bas. Le temps de travail reste le même et je ne sacrifierai jamais la qualité à la quantité. Les auteurs me font confiance et il n’est pas question que je les trahisse. J’y ai beaucoup réfléchi, j’en ai parlé autour de moi, et j’ai fait le choix de ne pas changer mes prix, même si cela devait me desservir.

En y pensant, j’imagine que les personnes qui proposent ces tarifs n’en vivent pas. Je ne comprends pas comment cela pourrait être leur principale activité...


Dans, ce milieu, il faut donc apprendre à se démarquer, que ce soit par sa personnalité, les services proposés, où en développant d’autres offres. Et certains l’ont bien compris puisque l’on voit se multiplier les cours en ligne, les coachings et les masters class. J’y ai moi-même succombé. Je propose des coachings d’auteur, principalement pour accompagner, la conception de votre projet et l’écriture de votre roman, mais vous êtes libre de me demander ce que vous souhaitez. Nous verrons alors ensemble ce qui est réalisable.

Instant coup dur. J’ai aussi, par deux fois essayer de lancer des ateliers d’écriture en ligne. Ça demande beaucoup de travail pour les préparer, mais je me suis dit que ça pourrait être sympa. Les deux ont été un échec. Pas assez de visibilité, pas le bon moment, pas adapté... il y a plein de raisons à ça. C’est comme ça. J’apprends encore à gérer tout ça.



Fonctionnement

Eh oui, apprendre toute seule en prenant des grosses gamelles, c’est ça ma vie depuis septembre 2020 !

Il n’y a pas d’école pour devenir BL pro. Je n’ai pas fait d’études de marketing ou de management d’entreprise. Alors j’apprends en faisant. C’est pour ça que mes offres ont changé trois fois de nom, que mes initiatives d’ateliers sont tombées à l’eau. Ce que je devais demander comme informations dans les devis, comment gérer des textes difficiles, les éléments juridiques... Tout ça, je l’ai appris seule et je continue de le découvrir.

J’ai bien essayé de rentrer en contact avec d’autres professionnels, mais ils n’ont pas été trop enclins à répondre à mes questions et je peux le comprendre. Donner toutes les ficelles à une petite nouvelle qui va potentiellement te piquer ta clientèle, ça ne donne pas envie d’aider. Alors, imaginez mon étonnement, quand maintenant, des personnes qui souhaitent se lancer me demandent des conseils ! Je réponds à leurs questions, mais j’avoue que je me sens un peu comme un vieux en fin de carrière qui donne ses dernières astuces au petit jeune qui va le remplacer. Et ça ne fait même pas un an que je fais ça ! Alors, faites gaffe les p’tits jeunes, je ne vais pas partir de sitôt !

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La bisette




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