De l'imposture ou du travail ?

Mis à jour : sept. 2

Dans tout ce que j’entreprends, je suis touchée par un mal qui est très répandu : le syndrome de l’imposteur. L’ouverture de mon entreprise n’a pas fait exception ! Laissez-moi vous compter mes déboires.

Nous avons tous (ou presque, bénis soient ceux qui ne doutent pas de leur valeur !) déjà eu l’impression de tromper notre entourage, qu’il soit amical, familial ou professionnel. Quand on nous a félicités, nous nous sommes déjà dit : « ce n’est pas vraiment moi qui ai réussi. C’était plutôt un coup de chance ». Ah ! Les joies du syndrome de l’imposteur qui nous fait croire que nous ne valons pas grand-chose et que nos réussites ne sont pas réelles !

Ce syndrome, c’est une vieille connaissance pour moi. On se fréquente depuis longtemps et on se retrouve régulièrement. Alors, bien évidemment, il était présent quand j’ai décidé de créer mon entreprise. Il me disait que je ne serais pas capable de gérer une boîte, que je n’en avais pas les capacités… Mais là où il a frappé fort, c’est quand il m’a dit : « Tu n’es pas légitime pour donner ton avis sur le travail des autres ».

Cette phrase a fait beaucoup de tours et de détours dans mon esprit. Et si c’était vrai ? Le constat était simple, je n’ai jamais été publiée, je n’ai jamais fini d’écrire un récit, je n’ai pas fait d’études de français ou de lettres. Pourquoi serais-je légitime à « juger » le travail d’autres auteurs dans ce cas ?

Le découragement m’a guetté. Il était parfois prêt à me tomber dessus. J’ai repoussé une première fois ses assauts. Je n’avais pas de formation dans le domaine, mais j’avais l’expérience. Pendant quatre ou cinq ans, j’ai bêta-lu pour une autrice (oui, A.D. Martel, je pense que vous avez tous saisi ce point 😊). Ma petite victoire a vite été écrasée. Ce n’était pas parce qu’un auteur (que je connais, en plus) trouve que je fais du bon travail que je peux bêta-lire d’autres personnes !


À ce moment, j’ai failli renoncer. Réellement.

Dans un ultime élan de courage, j’ai pris la décision de travailler bénévolement pour d’autres écrivains. Je voulais savoir si j’en été capable. Et, de toute façon, mes études arrivant à leur terme, je n’avais rien à perdre avant d’aller m’inscrire au Pôle Emploi. J’ai donc demandé à Martel de me mettre en relation avec des auteurs cherchant des bêta-lecteurs. Elle m’en a dégoté tout un tas ! Durant un mois, je n’ai fait que de la lecture pour ces différents personnages qu’ils soient novices, édités ou auto-édités. Bien m’en a pris ! Je pense pouvoir dire, sans trop m’avancer, qu’ils ont tous été contents de mon travail. Fière de ce succès, la petite voix de l’imposture s’est tue. Du moins, elle ne souffle plus que rarement à mon oreille.

Aujourd’hui, je suis détendue. Il est possible que je me plante lamentablement, que je ferme dans deux mois, que je n’arrive pas à gérer l’administration, que je prenne du retard sur les contrats… Oui, tout cela est possible. Je le sais. Et alors ?

Il est facile de ne rien faire par peur d’échouer. Mais dans ce cas-là, on n’avance pas. Le syndrome de l’imposteur agit comme un cercle vicieux. Il nous fait douter de nous, de nos forces. On décide alors de ne rien entreprendre, car finalement, on n’y arrivera pas. C’est sûr. Tous nos exploits ne sont dus qu’à la chance. On ne fait rien, alors on doute d’être capable de réaliser quoi que ce soit.

Je sais que ces lignes parleront à beaucoup d’entre vous. C’est pourquoi je voudrais écrire ceci :

À toutes les personnes qui ne se sentent pas capables, qui doutent de leur valeur, ça suffit maintenant ! Si vous avez envie de faire quelque chose, foncez ! Nous avons tous un (voire plusieurs) domaine dans lequel nous sommes doués. Mais vous ne saurez pas dans quoi si vous n’essayez rien. Je comprends qu’il n’est pas facile de se jeter à l’eau. Mais je suis persuadée que finalement, vous savez beaucoup mieux nager que vous ne le pensez.

Je tiens aussi à vous rappeler quelque chose de fondamental : l’échec est nécessaire ! Il ne faut pas en avoir peur. Au contraire, c’est un ami, un professeur (il est parfois bien sévère, je vous l’accorde). Sans échec vous ne pouvez pas aller de l’avant. C’est lui qui nous dirige tous vers la réussite. Pensez-vous que les gens que vous admirez n’ont jamais connu l’échec ? Thomas Edison a fait de nombreux tests avant de parvenir à créer l’ampoule (oui, ce n’est pas vraiment lui, mais c’est un autre débat). Voilà ce qu’il a dit quand il y est parvenu : « je n’ai pas échoué. J’ai juste trouvé dix mille solutions qui ne fonctionnent pas ».

Une dernière chose. Les génies c’est rare. Alors, n’essayez pas à tout prix d’être le meilleur. Vous vous épuiserez pour rien. Et vous risquez de vous décourager au point d’abandonner. Laissez faire le temps. Gagnez petit à petit en expérience, à votre rythme. Acceptez que d’autres soient meilleurs que vous. Ça n’enlèvera rien à votre valeur. En regardant les autres, vous pourrez vous fixez des objectifs, mais soyez réalistes. Écoutez-vous et tout se passera bien.

C’est sur cette note de douceur que je vous quitte aujourd’hui. J’espère qu’elle vous aura motivée, au moins pour quelques heures.

À très vite,

Mira.

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