La publicité : ce grand méchant monstre


Les gens sont étranges. J’ai entendu des phrases du genre : « elle fait sa pub, c’est que ça doit être merdique ce qu’elle fait », « autant de pub, c’est que le produit ne se vend pas bien, et s’il ne se vend pas bien, il y a une raison, je ne vais pas l’acheter », « Avec toute la pub qu’il fait, il doit bien gagner sa vie, il n’a pas besoin de plus d’argent », « franchement, il fait trop de publicité, ça fait forceur, je n’achèterai jamais ».

Alors aujourd’hui, parlons de ce grand méchant monstre qu’est la publicité.


Dans nos sociétés capitalistes, nous sommes assénés de publicités à longueur de temps et pour tout. Elle fait partie intégrante de nos vies. On sait que la finalité est de nous faire acheter un produit, mais on ne peut s’empêcher de catégoriser les pubs, de les interpréter pour faire nos propres choix. C’est très bien de garder son libre arbitre, mais peut-on jauger des publicités d’indépendants qui débutent comme celles de grandes marques ? Est-ce mal de faire sa propre publicité ? Est-ce que ça va faire de moi un monstre capitaliste ? Je me suis posé ces questions, parce que je suis concernée. Si je veux que mon entreprise marche, il faut que je la fasse connaître.


Au tout début, je ne souhaitais pas faire particulièrement de publicité. J’avais une démarche passive, j’attendais que les clients me trouvent. J’ai créé des comptes Instagram et Facebook et un site Web. C’est tout. Je me disais que le bouche-à-oreille demeurait la meilleure option pour se faire connaître dans le milieu littéraire. Aller, tout le monde rit avec moi !

Ce n’était clairement pas la meilleure chose à faire quand on débute. Les gens ne courent pas après toi. Ils sont feignants, ils font peu de recherches et se concentrent sur les noms qu’ils ont déjà entendus. C’est normal, je fais pareil. Le fait d’avoir déjà vu une mention d’un produit va inconsciemment nous rassurer sur sa qualité : si c’est arrivé jusqu’à moi alors que je ne cherchais pas, c’est qu’il y a une raison.

Mais voilà, je voyais d’un mauvais œil de faire ma propre publicité. Déjà pour une raison de pudicité, mais aussi, car je pensais que cela ferait de moi une personne qui se vante. Scoop : cela est ridicule et ne pas faire de publicité n’est pas une bonne idée !


Je tente depuis quelque temps un marketing actif, comme je le nomme : je vais à la rencontre de potentiels clients. Je parle beaucoup plus de mon entreprise autour de moi, je publie mes offres sur des pages Facebook, je m’inscris sur des sites de free-lance (vous pouvez d’ailleurs me retrouver sur Le Petit Romancier), et je tente même une campagne d’affichage dans ma région !

Toutefois, je fais quand même attention à la méthode ! Quand j’ai créé mes affiches et mes cartes de visite, je me suis rendu compte d’un point : on est quand même un peu formaté... Dure réalité, mais qu’il faut pourtant accepter pour pouvoir la changer !

Ainsi, les termes que j’emploie sont choisis avec soin. Je n’ai pas écrit « bêta-lecture », ce mot, à part les gens du milieu, il n’est pas très connu. J’ai opté pour « conseil littéraire ». Je n’ai pas noté « accompagnements », mais « coaching ». Ces termes sont plus parlants, ils interpellent mieux les potentiels clients.

Pour tout vous avouez, je ne suis pas très à l’aise avec le mot « coaching ». Déjà parce que c’est un anglicisme et ensuite parce que je l’ai intégré comme un nom marketing durant mon unique année d’étude dans ce milieu. Alors je l’emploie pour la raison donnée plus haut, mais j’en limite l’utilisation. Il n’apparaît pas sur mon site Web. Pourquoi ? Parce que je veux que mon site, qui est ma vitrine, me représente. Il ne doit pas renvoyer une image biaisée. Je pense que c’est important de garder son identité. Si j’utilise une terminologie différente pour mes tracts, c’est parce que je ne peux pas y décrire mes activités, je ne peux pas les expliquer. Le but étant de susciter de l’intérêt en peu de mots. Peut-être que cette variation dans les terminologies me portera préjudice, mais je souhaite conserver mon identité.


Il y a d’autres choses aussi qui me semblent importantes. Notamment, ne pas harceler les gens. Je sais que certains le font, et moi, ça m’énerve. Je ne ferais pas de campagne d’e-mail ou de messages privés avec le même texte que je vais envoyer à une centaine de personnes. Je n’en ai pas le temps, et vraiment pas l’envie. Je pense que c’est sûrement la pire chose à faire ! Là, pour le coup, on sera tous d’accord pour dire que ça fait forceur. J’essaye d’être originale, d’attirer l’attention par des biais détournés et en liant l’utile à l’agréable. J’adore faire des interviews, et si elles peuvent me donner un peu de visibilité, c’est super chouette ! Je n’ai pas honte de le dire, et il n’y a pas de honte à avoir.


Faire tout ça, c’est OK ! Il m’a fallu un moment pour le comprendre, mais c’est normal de faire sa pub, c’est normal de vouloir vivre correctement de son activité, c’est normal d’être fier de son projet. Il n’y a aucun mal à ça. Ami.e.s auteur.e.s vous êtes les mieux placés pour parler de vos livres et personne ne le fera pour vous. Et non, vouloir qu’ils se vendent bien ne fait pas de vous un vantard ou un monstre capitaliste ! Vous voulez promouvoir votre roman ? Parlez-en. Vous voulez faire de la publicité ? Allez-y ! Dans le pire des cas, ça ne marchera pas, et alors ? Vous aurez essayé ! Et ça, c’est comme pour tout dans la vie, c’est déjà incroyable !

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