• Mira Do

Les clichés sur l'auto-édition

Dernière mise à jour : 21 oct.


Oyez, braves gens ! Aujourd’hui, attaquons-nous à un sujet épineux et complexe : les clichés de l’auto-édition. J’ai sélectionné les phrases les plus entendues par les auteurs (merci de m’avoir aidé les gars !).

Ensemble, nous allons tenter de démêler cet énorme sac de nœuds !

Je vous laisse apprécier toutes les contradictions des détracteurs (ou juste des ignorants) !

Attention, le terme « auto-édition » a été cité bien trop de fois dans cet article.


Maison d’édition VS auto-édition

Entrons directement dans le cœur du dossier. Le principal angle d’attaque contre les auto-édités, c’est de faire un rapprochement plus ou moins douteux avec les maisons d’édition.


- C’est moins bien que l’édition classique (qualitativement)/ Les auto-édités font pleins de fautes

Commençons par le grand classique. L’auto-édition c’est de la bouse. Ben oui, il n’y a pas de correcteur, de relecteur, les auteurs ne sont pas « encadrés », et puis vous avez vu les couvertures ? Rien de rien ne va.

Bon.

Ce n’est pas entièrement faux. C’est bien ça le problème.

Aujourd’hui, en auto-édition on trouve de tout. Des choses vraiment mauvaises et des choses vraiment excellentes. Il y a quand même une majorité de très bon. Pourquoi ? Parce que les auteurs ont pris conscience de quelque chose : s’ils veulent vendre, il faut de la qualité. Et comme de plus en plus de monde souhaite vivre de sa plume, il faut que le résultat soit à la hauteur. Pour cela ils reproduisent toutes les phases de l’édition classique et n’hésitent plus à investir. Ce sont des entrepreneurs. Ils créent de la qualité pour créer du profit. C’est une horrible manière de penser ? Et vous croyez que les maisons d’édition font quoi ?

De plus, ces derniers temps, il y a une vraie croisade de la part des auteurs pour redorer le blason de l’auto-édition (oui, peut-être que j’en fais partie !). Grâce aux réseaux sociaux, les auto-édités entrent en relation avec les autres acteurs du livre, notamment les chroniqueurs. Le but étant de faire connaître et de promouvoir une auto-édition de qualité. On compte aussi sur les blogs, les chaînes YouTube... D’autres vont plus loin avec la création de salons littéraires dédiés aux auto-édités, la création de plateformes de mise en relation pour les auteurs et les free-lances (comme Le Petit Romancier, créé par L.P. Hurel). Les initiatives se multiplient pour montrer au grand public la valeur que peut avoir l’auto-édition.


Et puis, soyons réalistes. Il y a du mauvais dans l’auto-édition, mais il y en a aussi dans les ME. Les fautes dans les romans ça existe, on en a tous vu. Des traductions hasardeuses, parfois erronées, il y en a aussi. Et des couvertures dégue... hum, pardon. Des couvertures d’un goût incertain, on en voit. Moins que dans l’auto-édition, certes, mais remettons quand même tout cela en perspective.


- ça fait concurrence aux ME

C’est l’idée reçue la plus perverse, car, oui, pour les personnes qui n’approfondissent pas le sujet, ça paraît logique ! En effet, si les gens achètent des livres auto-édités, les maisons d’édition vendent moins et perdent de leur chiffre d’affaires. Et puis, si les auteurs s’auto-éditent, il n’y aura plus d’auteurs dans les maisons d’édition et boum patatras, elles devront fermer ! Mais quelle horreur ! Que fait la police ?

Ça, c’est ce qu’une certaine communauté littéraire (et journalistique) souhaite faire croire à tout le monde. Mais se sont-ils au moins renseignés ? (je pense que oui, mais là, c’est plus grave et c’est un autre sujet). Alors reprenons dans le calme et la sérénité. Non ! L’auto-édition ne veut pas et ne peut pas concurrencer l’édition classique !


Les maisons d’édition ne vendent pas moins et ne perdent pas en chiffre d’affaires. Selon le rapport annuel du SNE (Syndicat National de l’édition), le chiffre d’affaires des maisons d’édition a augmenté de 5.09% entre 2018 et 2019. Ainsi, il est passé de 2 670 millions à 2 806 millions. L’édition classique ne semble donc pas souffrir d’une concurrence quelconque.

Il est extrêmement difficile de trouver des chiffres concernant l’auto-édition, car les auteurs ne passent pas tous par les mêmes plateformes et il est ardu de faire un recensement correct. En 2019, les livres auto-édités représentaient 5,8% des dépôts selon L’Observatoire du dépôt légal.

Basons-nous sur l’expérience. Très régulièrement, de nouveaux auteurs auto-édités font leur apparition dans les communautés littéraires. Et cela est très visible sur Instagram, où cette communauté est très active. On peut donc affirmer sans se tromper qu’il y a de plus en plus d’auto-édités et que leur chiffre d’affaires augmente. De par l’accroissement du nombre d’auteurs, mais aussi par la communication et la publicité qui font parfois décoller les ventes !

Il est peut-être aussi nécessaire de rappeler qu’un roman ne peut pas être auto-édité et édité par une ME en même temps (question de droits, voyez-vous). Donc il n’y a pas de concurrence directe puisque les livres vendus ne sont pas les mêmes. Certes, on retrouve des ouvrages de mêmes genres, aux histoires parfois presque similaires, mais cette concurrence existe aussi entre les maisons d’édition elles-mêmes.

Certaines ME ferment leurs portes et certains auto-édités ne font aucune vente. Le problème ne vient pas d’une quelconque concurrence, mais plutôt d’une mauvaise gestion individuelle.

Donc, les marchés de l’édition classique et de l’auto-édition ne sont pas en rivalité. Ils suivent deux voies parallèles et l’un ne porte pas préjudice à l’autre.


L’auto-édition vide-t-elle les maisons d’édition de leurs auteurs ? C’est toujours non !

Bien sûr, il y a des auteurs qui étaient dans l’édition traditionnelle qui sont passés dans l’auto-édition. Que ce soit à cause d’une mauvaise expérience, pour conserver les droits sur leur ouvrage ou pour tenter de gagner plus, certains basculent vers l’auto-édition. Toutefois, cela reste une minorité. Le problème peut également se poser dans l’autre sens. Certains auto-édités choisissent de créer leur propre maison d’édition. Donc, il y a moins d’auteurs auto-édités ?

Les maisons d’édition ne sélectionnent qu’un petit nombre de manuscrits par rapport à ce qui leur est soumis. Alors, si parmi ces soumissions, certaines finissent en auto-édition, ce n’est pas vraiment un problème. Des écrivains choisissent directement la voie de l’auto-édition, cependant, d’autres proposent leur texte aux maisons. Et elles croulent encore sous les candidatures. Certaines sont même dans l’obligation de réduire les périodes d’appel à manuscrits ! Et le confinement n'a pas aidé les maisons. Les ME parisiennes ont reçu en moyenne 40% de manuscrit en plus à la suite de la pandémie !