Pour qui écrit-on ?

Vous l’avez peut-être aperçu dans mes stories Instagram, la semaine dernière j’ai envoyé mon roman, Les Ailes de l’Ombre, à la bêta-lecture. Je dois dire que c’est une grosse source de stress pour moi. Je me pose un tas de questions : est-ce que l’histoire tient la route ? Est-ce que les personnages sont réussis ? Est-ce que c’est publiable ? ...

Je me demande aussi beaucoup ce que je ferais si le retour était négatif. Peut-être que je ne suis pas douée ? Peut-être que je ne suis pas faite pour ça ?

Bref, tout un tas de joyeux questionnements m’assaillent ! Il est donc temps de me rappeler les choses importantes : pour qui j’écris ?

Je pense que la grande majorité des auteurs qui souhaitent être publiés ou qui le sont déjà, a des réponses semblables à cette interrogation, car finalement, nous avons tous un peu le même chemin.



Son premier lecteur

Vous n’avez encore jamais couché de mots sur le papier (ou sur votre écran) - si vous l’avez déjà fait, remontez un peu le temps, - qu’est-ce qui pourrait vous pousser à commencer ? C’est de cette question que tout part. Et la réponse est si simple !

Ecrire, c’est d’abord une envie. Elle est personnelle, elle se joue dans l’intimité. On écrit pour soi parce qu’on a de l’intérêt pour le geste. Peu importe la raison derrière ce sentiment. Peut-être que l’on souhaite se décharger de quelque chose, se vider la tête, créer un univers, expier un souvenir... Le « pourquoi », ici, n’entre pas en compte. Si vous commencez l’écriture, c’est qu’au fond de vous, une petite lanterne s’est allumée et éclaire votre chemin. Et comme quand on a une envie, on veut l’assouvir, surtout quand elle est aussi simple que raturer dans un carnet, on le fait.

Maintenant, seulement, nous pouvons nous interroger sur les raisons de la présence de ce nouveau phare dans votre intérieur. Celles-ci vous sont personnelles, elles évoluent avec le temps et je ne m’avancerai pas à des allégations. Toutefois, si vous voulez connaître mes raisons, voici un article où je répondais à cette question.

Un auteur qui écrit pour les autres, sans petite lanterne, aura des difficultés, car il devra forcer quelque chose. Alors que quand on écrit pour soi, quand on en a envie, on a moins de difficulté à se mettre à la tâche !


Nous écrivons donc pour nous, pour répondre à un sentiment. Mais n’oubliez jamais que vous êtes aussi votre premier lecteur ! On peut entendre un peu partout la formule : le 1er jet, c’est l’histoire que l’on se raconte à soi-même. Et c’est vrai. Même si on l’invente, même si on la crée, nous sommes les premiers à vivre notre histoire, à éprouver des sensations avec elle, à s’attacher aux personnages (ou à les haïr). C’est simplement qu’au lieu de lire un roman tout beau, imprimé et qu’on a acheté, on la lit et on l’écrit en même temps. Je dirais même que cela va au-delà, car si vous l’avez pensé, vous l’avez déjà construite et pendant l’écriture à proprement parler, il ne vous reste plus qu’à la peaufiner pour la rendre belle.


Bref, je ne veux plus jamais entendre dire : « pourquoi t’écris si tu stresses de te faire lire par d’autres personnes ? ». Si un jour, alors que vous êtes anxieux de recevoir un avis sur votre récit, on vous dit ça, je vous encourage à aveugler cette personne avec votre petite lanterne !


On écrit pour nos lecteurs

« Mais Mira ! C’est vrai, quand on veut être publié on écrit aussi pour les autres ! »

Oui, oui ! J’y viens !

Bien sûr que l’on écrit aussi pour les autres ! C’est même l’objectif. On façonne l’histoire pour quelle convienne à un certain public. Et que l’auteur qui dit : « ah non, moi pas du tout, j’écris seulement pour moi ! », aille se faire frire un œuf. Parce que c’est faux, ou alors, vendre n’est pas son but et dans ce cas, il n’y a pas de cohérence entre n’écrire que pour soi et le fait de mettre en vente le roman.

Tous les auteurs vous le diront, avant même de commencer à écrire, une des étapes est de définir son public cible. Pourquoi ? (Ceux qui ont téléchargé « 5 étapes pour bien débuter son roman » doivent le savoir !). Si on décide du public que l’on veut toucher avant de commencer à écrire, c’est pour adapter son style à cette audience. L’auteur n’aura pas le même niveau de vocabulaire ou décrira des scènes de violence différemment s’il s’adresse à des enfants ou à des adultes.

De même, connaître son public permet d’insérer des éléments dans le roman qui plaisent à cette catégorie. J’en vois déjà certains arriver : « donc ça veut dire que tu prends ce qui marche déjà et tu le mets dans ton histoire ! Bah bravo l’originalité ! » Calme-toi avant que je me fâche. Aucun auteur ne fait ça, seulement il va suivre les tendances, car son but, c’est quand même de vendre ! Je vous rappelle qu’écrire, c’est un métier. Dans la littérature, il y a des modes comme partout. Il y a quelques années, chez les ados, on ne jurait que par les vampires et les loups-garous, après, ça a été les sorcières, etc. Il n’y a aucun mal à donner toutes les chances à son histoire d’être achetée.


En résumé, si on écrit d’abord pour soi, on le fait aussi pour les autres. Je pense que c’est indissociable.

On peut écrire uniquement pour nous-même, mais le faire seulement pour les autres c’est difficile, parce qu’on n’a pas notre petite lanterne, et c’est aussi un peu triste de ne pas être passionné par ce que l’on fait. Et si on veut être publié, c’est quand même mieux d’écrire un peu pour les autres, sinon, ça n’a pas d’intérêt.


Quoiqu’il arrive, gardez vos petites lanternes allumées !

15 vues0 commentaire