Pourquoi j'écris ?

Mis à jour : août 4

C’est une question que je me suis beaucoup posée, sans jamais y répondre vraiment. Cela demande de plonger au cœur de mon être, de mon esprit et d’en démêler les nœuds qui le forment. C’est une chose complexe que l’introspection. Ainsi, j’ai remis, encore et encore, le moment de cette immersion dans mon for intérieur. Mais alors que je cherchais par quel article, par quelle information accrocheuse j’allais démarrer ce blog, il m’a paru de bon ton de répondre enfin à cette question.


Écrire pour canaliser mon imagination

J’écris depuis enfant, ou du moins j’invente des histoires depuis ma jeunesse. Je me suis donc demandé pourquoi, à cette époque-là, j’avais ce besoin d’écrire et de créer.

Selon mon entourage, j’étais une petite fille réservée et très souvent perdue dans mes pensées. Je n’ai pas tout à fait le même souvenir. Je me rappelle des voyages dans de vastes mondes inconnus, d’avoir bravé maints dangers dans des paysages merveilleux ou terribles. Je me remémore aussi la chasse aux fées, d’avoir été capturée et finalement, d’être devenue la seule amie humaine du petit peuple, qui vivait derrière notre maison. Il y avait également les dragons que, perchée sur mon lit, j’observais voler dans le lointain par l’entrebâillement de la fenêtre du toit. À cette époque-là, et comme de nombreux enfants, mon imagination était telle que je vivais des aventures incroyables. Très souvent, je passais de l’une à l’autre sans même avoir conclu la précédente. Rapidement, j’ai donc commencé à organiser mon imaginaire. Non pas pour le brider, mais au contraire pour lui permettre de s’épanouir librement.

En sixième, j’avais créé un panthéon d’une dizaine de dieux et déesses. Chacun avait son histoire et sa personnalité propre. C’était la première fois que je « mettais au monde » un univers aussi vaste et aussi détaillé et j’en étais extrêmement fière. Tellement que j’avais fait lire et corriger les textes par ma douce et patiente professeure de français. C’est sans doute grâce à elle et aux enseignants qui ont suivi que j’ai continué à écrire. Si l’école n’a pas toujours été facile, je suis reconnaissante d’avoir eu tant de professeurs de français attentionnés et à l’écoute, qui m’ont encouragé dans mes balbutiements.


Écrire pour partager

Très vite, je n’ai plus souhaité garder les mots pour moi. J’aimais raconter des histoires à mes amies proches. Et j’aimais qu’elles me racontent les leurs. Nous pouvions ainsi passer des heures et des heures à inventer des aventures dans lesquelles nous étions les personnages principaux. Ces « imaginations », comme nous les appelions, aujourd’hui oubliées dans le temps, m’ont donné l’envie d’écrire pour les autres.

Ainsi mes premières ébauches de romans sont nées. Je voulais transmettre des émotions aux gens que j’aime, leur donner de l’amour au travers des textes. De fait, les héros étaient mes amis, ma famille et même moi. Les mots étaient pour moi autant de cadeaux que j’offrais à mon entourage. Malheureusement, ou pas, aucune de ces belles histoires n’a jamais vu le jour. C’est un travail d’écrire et j’ai toujours eu les yeux plus gros que le ventre. Il me reste quelques vestiges, quelques pages griffonnées, des premiers chapitres, des brouillons. Peut-être les exhumerai-je un jour et leur redonnerai vie. Qui sait ?


Ceci est un scarabée sur un brin d'herbe

Écrire pour s’évader

La création mutait parfois. De jeux d’enfants, elle devenait une échappatoire à la vie normale. J’inventais des histoires plus par besoin que par envie. Elles étaient là, comme autant de refuges à des situations qui me paraissaient alors insurmontables. Écrire me permettait d’être ailleurs que dans ma réalité, d’être une autre que celle que j’étais. Je suis persuadée que tout le monde a déjà connu cette sensation. Celle qui nous pousse à croire que tout serait bien mieux dans un autre monde, un endroit fantastique et merveilleux, bien loin de notre existence réelle. Moi, par le biais de l’écriture et de la lecture, je me rendais dans ces lieux et pendant quelques heures je devenais quelqu’un d’autre.

Aujourd’hui, je regarde avec tendresse ces instants et ces épreuves qui me semblaient infranchissables. Elles ne l’étaient pas, rien ne l’est vraiment. Cependant, j’ai conscience que si j’écris encore, c’est parfois pour cette raison. Elle est toujours là, se cachant sous la surface. Et je l’accepte avec bienveillance.


Écrire pour être quelqu’un

Devenue jeune adulte, je me suis lancée plus ardemment dans l’écriture. Il y avait des phases de trop-plein et d’autres de vide colossal. La régularité n’était pas mon fort. Je me sentais parfois tellement l’obligation de taper sur mon clavier que ça me dégoûtait. Alors, pourquoi je le faisais ?

La raison peut paraître vaniteuse : je voulais être reconnue. Dans un monde qui va très vite, je ne trouvais pas ma place, que ce soit dans les études et le travail ou en tant que personne. C’était l’époque délicate du questionnement. Qui suis-je ? J’étais entourée d’amis qui semblaient savoir parfaitement qui ils étaient et où ils allaient. D’autres abordaient la vie avec insouciance et se tenaient bien loin de ces interrogations gargantuesques. Au milieu, je me sentais perdue. Je voulais une place. Et quoi de mieux que celle d'autrice célèbre de romans à succès ?

Ah ! Cette pensée me fait rire autant qu’elle m’attriste. Heureusement, j’ai vite compris que cela était un mauvais moyen pour se trouver et une mauvaise raison pour écrire. D’ailleurs ça ne marchait pas. Si j’ai été un temps productive, j’ai eu tôt fait de tout arrêter et de passer à autre chose. Une nouvelle fois, les projets ont été délaissés, abandonnés tristement dans un fichier de mon disque dur.


Écrire par ce que c’est un bonheur

Nous voilà donc à l’heure actuelle. Pourquoi j’écris, aujourd’hui ? Maintenant ? Simplement, parce que j’aime ça. C’est un processus de création qui m’apporte de la joie. Parfois, c’est difficile. L’inspiration manque, la qualité se fait désirer et la détermination flanche. Mais j’y reviens toujours. J’y reviendrai toujours. Peu importe que je ne devienne jamais l’immense autrice à succès que j’ai rêvé d’être, un temps. Qu’importe que seuls mes proches me lisent. Tant pis, même, si personne ne pose jamais un regard sur mes lignes.

Je reconnais volontiers que j’écris aussi pour toutes les raisons précédentes, elles font partie de mon fonctionnement. Mais le motif principal restera toujours le plaisir et je ne l’aurais sans doute jamais compris si je n’étais pas passée par toutes ces étapes.



Et toi alors, pourquoi tu écris ?

Écrire des lettres

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