Vivre de sa passion

Cela fait maintenant un mois que j’ai officiellement ouvert mon entreprise. Un mois qui n’a pas été de tout repos. L’aventure, elle, a commencé il y a plus longtemps, durant le confinement. C’est là que j’ai décidé de me lancer. Retour sur ces débuts, ce que j’ai fait, ce que j’aurais aimé qu’on me dise…

Quelques jours avant le confinement, en mars, j’ai déménagé. J’ai quitté Arles où je faisais mon Master, pour me rendre dans le Loir-et-Cher où je devais effectuer un stage de six mois dans un château. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu ! Le confinement a été annoncé. Nous avons fini les déménagements en catastrophe (le mien et celui de mon compagnon), non pas pour nous rendre dans notre future région, mais pour trouver refuge chez mes parents, dans la campagne occitane. Là, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. Après avoir bataillé avec la fac qui avait perdu ma convention de stage, j’apprends que celui-ci est annulé. Le château est une petite infrastructure et le confinement a mis à mal leurs finances. Ils ne peuvent plus me prendre en stage.

Me voilà donc en avril. Le stage me laissait jusqu’en octobre pour décider de mon choix de carrière. Maintenant, je dois le faire au plus vite. Notre départ pour le Loir-et-Cher étant maintenu, il me faut prendre cette variable en compte.

Les jours passent et sont très longs. Je réfléchis à toutes les possibilités, inspecte les sites d’offres d’emploi, m’inquiète, élabore des plans sur la comète… Bref, c’est la loose. Finalement, nous sortons de confinement en mars et je décide de me laisser un mois au calme pour réfléchir (enfin, au calme, pas facile quand tout le monde veut savoir ce que tu vas faire).

Martel me propose une bêta-lecture, et je suis ravie de pouvoir me sortir ces interrogations de la tête. C’est là que l’idée germe. Je décide de ne faire que de la bêta-lecture pendant un mois, non-stop, pour voir si ça me plaît. L’appel est lancé et les auteurs répondent. Je réalise des bêta pour cinq romans et deux nouvelles. J’adore ça !

Le plan de bataille

J’ai l’immense chance d’avoir un copain compréhensif et qui gagne suffisamment d’argent pour nous faire vivre tous les deux, alors je me lance dans l’aventure. Je prends la décision d’ouvrir en septembre. Cela me laisse du temps pour faire les démarches, créer un réseau et, que ce soit dit, profiter d’un dernier été d’insouciance !

La communication et la promotion, ça n’a jamais été mon fort. Mais je sais qu’il me faut un moyen d’attirer et de fidéliser de potentiels clients. Je décide de créer un page Facebook et un blog qui parlera d’écriture. Le premier article est publié le 30 juin. Pour moi, c’est là que l’aventure commence, car très vite, dès le 13 juillet, je parle de l’entreprise.

Mais rien que durant l’été, je suis confrontée à une première problématique : la difficulté de créer du contenu. Parfois, je ne sais pas quel sujet traiter. À d’autres moments, je me demande si ce n’est pas ennuyeux, car il y a beaucoup de redites dans les blogs d’écriture. J’essaye d’être moi, d’écrire comme je veux le faire, mais je ne suis pas certaine de me démarquer.

J’ouvre un compte Instagram le 13 août et je vois la communauté grandir. C’est à la fois génial et terrifiant. Je commence à me perdre sur les réseaux et panique dès que le nombre d’abonnés diminue.


L'avantage d'être son propre patron, c'est que tu peux travailler depuis ton lit sans que personne ne te dise rien

Il me faut aussi faire des démarches administratives pour légaliser mon statut. Je pense très vite à l’autoentreprise. Au fil de mes découvertes sur le Web, je me dis que c’est bien ce qui me correspond. Je tente de joindre Pôle emploi pour avoir des informations, le téléphone sonne dans le vide. Pareil chez l’URSSAF. Les services n’ont pas repris de manière normale et les standards sont saturés. Pourtant, j’ai besoin de réponses. Il y a plein de choses que je ne comprends pas : les impôts, les cotisations… C’est flou. J’envoie un mail le 9 juillet. La réponse arrivera le 25 août. Dedans, je trouve des documents, ceux disponibles sur internet et que j’ai déjà lu.

Peu importe, à force de glaner des informations à droite à gauche, j’ai fini par comprendre l’essentiel et j’ai fait les démarches mi-août. La machine est lancée, l’ouverture officielle est pour le 14 septembre.

Depuis l’ouverture

Je vous l’ai dit, la publicité ce n’est pas mon fort. J’ai eu deux clients depuis l’ouverture. Je les remercie vraiment pour leur confiance et pour leur retour positif sur mon travail.

Soyons honnêtes, ce petit départ me serre l’estomac. Je mets tout en œuvre pour que les choses s’améliorent : refonte des services, création de nouveautés pour le blog, défis Instagram, création de nouvelles prestations (qui devraient arriver bientôt)… Mais il est parfois difficile de rester optimiste, même si ça ne fait qu’un mois que j’ai ouvert. Je travaille majoritairement sans être rémunérée pour l’instant, que ce soit sur les futurs projets, le blog… Actuellement, l’angoisse est totale, mais je ne vais pas me plaindre, car j’adore ce que je fais. Ce n’est pas facile tous les jours, mais je suis chanceuse d’avoir l’opportunité de le faire.

Je suis mon propre patron. J'avance à mon rythme, fais les projets que je veux. C'est une responsabilité, mais c'est vraiment super chouette !

Ce que j’aurais aimé qu’on me dise

Avant de me lancer, j’aurais aimé qu’on me dise un tas de choses !

Tout d’abord, j’aurais souhaité que quelqu’un me guide réellement dans les démarches administratives, parce que c’est vraiment une galère pour moi.

J’aurais aussi aimé que quelqu’un m’accompagne pour la promotion de l’entreprise. Je fais de mon mieux, mais je n’ai aucune compétence dans le domaine et ça se ressent !

J’ai débarqué sur les réseaux toute innocente. Qu’est-ce que j’aurais apprécié que l’on m’explique que le nombre d’abonnés ne veut pas dire grand-chose, que l’on me mette au courant des pratiques de certains sur Instagram, qui s’abonnent à tout va pour se désabonner directement après que tu ais commencé à les suivre, qui viennent aimer toutes tes publications sans les lire en 45 secondes pour que tu t’abonnes à leur compte, sans en avoir rien à faire du contenu que tu proposes… Que d’étrangetés ! J’ai pu parler de ces déboires avec des amis, mais j’avoue que le vivre sur l’instant laisse un petit goût d’amertume.

Il y a plein d’autres choses que j’aurais souhaité entendre et que j’aimerais qu’on me dise encore, mais peut-être que je n’aurais pas appris. L’expérience aurait été différente et la leçon non comprise.


Alors voilà, j’ai ouvert il y a un mois. J’ai déjà accumulé plein de doutes, de désillusions, mais aussi de joies, de belles rencontres et de jolies découvertes. Je ne regrette pas mon choix. Vivre de sa passion n’est pas un rêve éveillé ou un long fleuve tranquille, mais je me sens privilégiée. J’espère simplement que je vais pouvoir en vivre et ainsi continuer cette incroyable aventure.

Et toi, quand est-ce que tu te lances ?

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